Sur le papier, l’équipe américaine semblait trop forte, beaucoup trop forte… Comme d’habitude pourrions-nous dire, dans cette confrontation biannuelle où c’est pourtant bien souvent l’Europe qui gagne. En effet, le Vieux Continent s’était imposé dans neuf des douze dernières éditions et même quatre des cinq dernières ! Mais cette fois les Rouges ont fait une véritable démonstration de leur talent. Avec 9 des 11 meilleurs joueurs du monde dans l’équipe, 29 ans de moyenne d’âge et malgré six rookies (débutants dans l’épreuve), la dream team américaine a été sans pitié pour les troupes européennes très expérimentées mais un peu vieillissantes.

Dustin Johnson, héros de l’équipe américaine

Malgré cette insolente jeunesse, côté Etats-Unis, c’est bien Dustin Johnson, le vétéran de 37 ans, qui a été le leader incontesté de cette 43e Ryder Cup, disputée sur le spectaculaire tracé de Whistling Straits, sur les bords du lac Michigan, aux Etats-Unis. Avec 5 points récoltés en 5 matchs joués, DJ a été le meilleur joueur de la semaine, égalant le record de Francesco Molinari en 2018 ou de Larry Nelson en 1979. Mais c’est en revanche le jeune, Collin Morikawa, 24 ans, qui a offert le demi-point de la victoire à l’équipe américaine après son match nul face au Norvégien Viktor Hovland, figure montante du golf européen et l’un des rares motifs de satisfaction du capitaine Irlandais Padraig Harrington.

La paire Garcia-Rahm sauve l’Europe

Car au départ des simples, il n’y avait guère de suspense. L’équipe américaine, hôte de cette 43e édition, avait déjà fait l’essentiel du travail en remportant ou égalisant chaque session des matchs en double (3-1/3-1/3-1 et 2-2). Et avec six points d’avance le dimanche matin, la messe était dite. Les hommes du capitaine Steve Stricker avaient juste à cœur de battre un nouveau record, et viser les 20 points, comme l’avait soufflé Patrick Cantlay, le vainqueur de la FedEx Cup cette année et invaincu cette semaine. En face, l’Europe n’a jamais réussi à contenir la déferlante rouge. Seule la paire espagnole constituée de Jon Rahm, le n°1 mondial et Sergio Garcia, qui compte désormais 24 victoires dans l’épreuve, le nouveau record, soit une de plus que Nick Faldo, a fait vibrer les fans européens, avec trois succès en double.

Les larmes de Rory

Les vieux briscards européens, à l’image de Lee Westwood, Ian Poulter, Paul Casey, ou même Rory McIlroy n’ont pas pesé bien lourd. L’Irlandais du Nord, que l’on attendait comme un leader naturel de l’équipe européenne, ne pouvait pas cacher son émotion après son simple qu’il a pourtant remporté face à Xander Schauffele. « Plus je joue cette compétition, plus je suis convaincu que c’est la meilleure qui existe en golf », lançait Rory, ému jusqu’aux larmes de ne pas avoir pu apporter davantage à son équipe. Au final le score de 19 à 9 pour les Etats-Unis est sans appel. Il s’agit du plus gros écart enregistré en Ryder Cup et cela depuis que l’unification du golf européen a été réalisé en 1979, avec l’intégration des joueurs d’Europe Continentale. Il surpasse même les écrasantes victoires européennes : 18,5 à 9,5 décrochées en 2004 et 2006…

Lee Westwood, futur capitaine ?

Mais cette débâcle européenne était peut-être aussi nécessaire pour reconstruire une nouvelle équipe et se servir de l’exemple américain. En effet, Steve Stricker s’était octroyé le luxe de pouvoir sélectionner 6 wild cards, contre seulement 3 à son homologue européen Padraig Harrington, qui avait même réduit ce nombre, puisque son prédécesseur Thomas Björn en comptait 4…. Voilà de quoi alimenter les réflexions du futur capitaine européen pour 2023 en Italie, alors que le nom de Lee Westwood commence à circuler…